Les fées se sont penchées... sur mon C.V.
Ur wech e oa, ur wech ne oa ket*...
Mon épopée professionnelle commença à l’époque où un passage submergé réunit Londres à Paris. Durant plus de deux décennies, je veillai courageusement sur les registres et les deniers des villes et des bourgs. Pourtant, mon cœur battait déjà au rythme d’une autre partition : la symphonie des siècles et les mille et un récits qui la composent. L’appel d’une nouvelle destinée devint alors un murmure que je ne pus ignorer plus longtemps.
Un jour où le soleil se couchait tôt, je quittai le confort du manoir des édiles et longeai le chemin de halage pour rejoindre l’honorable communauté appelée Université. J’avais pour objectif de nourrir ma passion depuis toujours, celle d’étudier l’immense fresque des gens qui font société, autrement dit l’Histoire avec un grand H.
Le voyage dura cinq années… Cinq longues années au cours desquelles un mal mystérieux et inquiétant, que l’on nomma Le grand Confinement, s’abattit sur les contrées et vallées. Il pétrifia les Royaumes et les Républiques et me fit trouver porte close à l’entrée des lieux de savoirs et des conservatoires du temps passé. Armée de patience, je franchis néanmoins cette épreuve avec succès.
Mais la fortune ne s’arrêta pas là… je choisis d’explorer l’histoire oubliée de la Terre de granit. Je me vis alors remettre le précieux Diplôme d’études celtiques, institué, en 1911, par le barde Anatole Le Braz, grand collecteur de La Légende de la Mort.
C’est au détour de ce chemin que je croisai des veilleurs de la langue bretonne. Ils m’encouragèrent à apprendre, moi aussi, le parler de mes Zadoù* venus de la cité où ar stêr Waien* rejoint la mer. Nous sommes le douze septembre de l’an de grâce 2022, et je pousse les portes de Skol an Emsav, pour devenir à mon tour gardienne de cet idiome celtique.
Après tant de péripéties et de rebondissements, il ne fut nulle question de noces entre gens de la cour ; je choisis plutôt de m’initier aux secrets de l’écriture pour autrui, guidée par les maîtres lointains du CNED.
Et c’est ainsi que je suis devenue conteuse de vie.
* Il était une fois, il n’était pas une fois… (formule d’ouverture des contes en breton)
* “pères” en breton
* ar Stêr (g)Waien pe Stêr Gwaien : “Le Goyen” ou “Rivière d’Audierne (Gwaien)” en Breton
Désormais, je ne me contente plus de narrer le passé des rois et des reines,
mais j’œuvre afin de mettre en lumière les moments marquants de la vie de tout un chacun.
Qu’il s’agisse d’écrire un chapitre de votre vie ou la saga de votre famille,
confiez-moi vos souvenirs,
et je les consignerai par écrit pour vous permettre de transmettre ces précieux témoignages aux générations futures.
